Comment tourne la boucle
Quelque chose d’inconfortable arrive : une inquiétude, un silence gênant, une tâche que vous ne voulez pas commencer. Le téléphone fournit une sortie immédiate et fiable, et l’inconfort s’en va.
Il revient, en général un peu plus gros, parce que la cause n’a pas bougé et qu’il y a maintenant en plus le temps passé. Alors vous tendez à nouveau la main, et l’intervalle raccourcit.
Pourquoi c’est difficile à voir de l’intérieur
Chaque geste pris isolément est défendable. Vous vérifiiez une chose, cela a duré deux minutes, tout le monde le fait.
La boucle n’est visible qu’à l’échelle d’une soirée, et à la fin de la soirée vous n’êtes pas en état de l’auditer. Ce n’est pas un défaut de lucidité, c’est la nature du schéma.
- Le soulagement est réel, c’est pourquoi vouloir s’en extraire ne suffit pas.
- Chaque occurrence paraît raisonnable en soi.
- Elle est la plus active exactement quand vous êtes le moins capable de la remarquer.
Où la boucle peut s’ouvrir
Pas au moment du geste. Ce moment est celui autour duquel la boucle est construite et vous le perdrez plus souvent qu’à votre tour.
Plus tôt : que le téléphone ne soit pas à portée. Ou plus tard : que l’app ne s’ouvre pas quand vous y arrivez. Les deux marchent parce qu’aucun n’exige de gagner une discussion avec vous-même en vous sentant mal.
Que faire du vide
Bloquer crée quelques minutes vides et ne les remplit pas. Si l’inconfort était la cause, il est toujours là, désormais sans rien devant.
C’est inconfortable et c’est aussi le but. Ayez sous la main quelque chose de petit qui ne soit pas un écran : un tour jusqu’au bout de la rue, la vaisselle, une page. L’objectif n’est pas que ces choses valent mieux que le téléphone. C’est qu’elles se terminent, et que le fil non.
Quand il vaut la peine de parler à quelqu’un
Si ce que vous fuyez est une anxiété persistante plutôt qu’un inconfort ordinaire, aucun arrangement de blocage n’est le bon premier geste.
Se mettre entre quelqu’un et son mécanisme d’adaptation, sans rien offrir à la place, n’est pas un acte neutre. Cela vaut d’être dit clairement dans un article sur le site d’une app de blocage.
Questions fréquentes
Utiliser moins mon téléphone réduit-il l’anxiété ?
Chez certains nettement, chez d’autres pas du tout. La position honnête est que cela varie, et que quiconque vous promet un résultat précis devine.
Est-ce mal d’utiliser son téléphone pour se calmer ?
Pas en soi. Cela devient un problème quand c’est le seul outil disponible et que les intervalles ne cessent de raccourcir.